19 mai 2006

Sur la montagne ce matin, un renard mouillé

À la recherche de champignons, comme c'est la saison et qu'il pleut depuis une semaine.
Je n'ai rien trouvé. Par contre à un certain moment, une quinzaine de corneilles se sont mises à croasser, gros énervement dans le groupe, je regarde et je vois maître renard qui se promène bien tranquillement, pas tellement craintif de me voir là lui courir après pour arriver à le photographier, il est parti au petit trot en me regardant du coin de l'oeil.
Il y a des endroits, presque au sommet, entre les deux cimetières, on se penserait en pleine campagne.

08 mai 2006

I am a camera

Je suis allé porter une impression numérique de l'image précédente à encadrer ce matin; elle sera exposée au Centre d'exposition de Val David jusqu'au 11 juin.
L'impression numérique a été faite sur papier Arches et imprimante Epson 9600 chez Boréalis, l'image fait 15" x 22" à 300dpi. L'encadrement rapide (portée aujourd'hui, prête demain à 10:00) a été fait chez Encadrex à Montréal.
Mon intérêt pour la phographie grandit depuis que j'ai changé de caméra, ma nouvelle rebel xt m'offre des possibilités que j'avais oubliées depuis ma première caméra 35mm reflex, une Praktica, très bas de gamme, qui m'avait quand même permis quelques bonnes photos noir et blanc. Ensuite j'ai eu plusieurs caméras numériques cheapo (Canon Elph, Sony 3mp, puis 5mp). Maintenant j'aimerais bien mettre la main sur une 4 x 5...
En fouillant un peu, je suis tombé sur la merveilleuse Tachihara qui en plus d'être belle : fabriquée à la main en bois de cerisier dans la province de Hidaka, Japon, est aussi beaucoup moins coûteuse (700.USD) qu'une Hasselblad, qui en passant produit la H2D39, la première caméra de 39mp!!!(vous en voulez une? 26k USD...), ou d'autres caméras de ce type.

04 mai 2006

infogravure


Une image de printemps; finalement, il faudra bien qu'il arrive; même à tâtons, même avec les journées de pluie et de froid de la semaine passée, il se fait attendre, peut-être pour mieux nous surprendre. Ce matin, la montagne bourgeonnait à pleines branches. J'aurais voulu enregistrer l'odeur de tout ce fourmillement; par instants, on pourrait presqu'entendre les feuilles se déplier en choeur, mais il n'existe rien, à ce que je sache, pour faire un snapshot olfactif de cet événement. À quand le cellulaire avec transmission d'odeur?
La télé en odorama? Internet Wif-HiFi? Les logiciels de montage d'odeurs non-linéaire? Le mapping de parfum sur géométrie variable?
On ne retiendra pas notre souffle.

22 avril 2006

eau de nuit

stop

samedi gris

Fin de semaine verdissante mais grise. De ma fenêtre sur le mont Royal j'observe les marcheurs qui escaladent le grand escalier qui monte jusqu'au chalet: des petits points colorés qui s'arrêtent pour respirer. Je cherche aussi les vautours urubus qui survolent la ville et tournoient à la recherche de leur pitance.

10 avril 2006

Compression

J'ai parfois l'impression qu'on pourrait gagner beaucoup de temps et ramener toute existence, aussi remplie soit-elle, à une courte séquence d'événements vraiment importants, le tout durerait un mois ou moins. Quelques aubes on deviendrait conscient, le temps de perdre ses dents de bébé et l'enfance serait vite terminée, on devient adulte dès la première fin de semaine. On a lu ses classiques et on connaît l'amour après quelques brèves rencontres, on fait quelques voyages, on finit ses études, on perd ses grand-parents; la deuxième semaine on a quelques enfants, un vrai mal de dent ou une méchante grippe, un accident de voiture, une épiphanie en voyant la mer encore une fois, ou en prenant l'avion une nuit de pleine lune. À la fin de la deuxième semaine on est au milieu de sa vie, mature, aguerri, bientôt grand-père? On a pris cinquante livres, des cheveux blancs, une solide expérience, on comprend que les deux prochaines semaines, ce ne sera pas de la tarte, on n'a pas assez investi dans son fond de pension, on a un début d'arthrite, des poils aux oreilles. Qu'avons nous retenu? Qu'aurons nous compris, appporté?
Me vient en tête cet haïku de Issa:
"Rosée que ce monde-ci,
Rosée que ce monde,
Oui, sans doute. Et pourtant."

09 avril 2006

20:22

Elle est partie hier soir. À bout de souffle. Tout s'est immobilisé.
Ensuite, seulement, s'étiolant tout doucement, avec toute la chaleur, toute l'énergie qui part on ne sait où, la flamme s'est éteinte, elle est disparue.
Un peu plus tard son front devient une pierre polie et froide.
Il n'y a plus de souffrance.

07 avril 2006

Fins d'Hiver

Ce n'est pas tout à fait le printemps, plus tout à fait l'hiver. On ne sait plus.
Si ça commence, si ça finit. On ne sait pas.
Quand on retourne où on est né, on retrouve plein de vieux trucs. Pour moi, ce sont des paquets de papiers, de vieux livres, de dessins, des notes et des souvenirs d'école, des peintures sur soie de mes débuts.


Aussi des odeurs, des points de vue, des endroits, des images.
J'ai toujours connu cette aquarelle de Marc Aurèle Fortin, depuis que je sais voir, elle trône au salon, j'y ai un peu découvert la peinture.

On peut peut-être même trouver un lien avec certaines de mes images, comme cette vieille toile qui ramassait la poussière du sous-sol.

04 avril 2006

au delà de la vie ordinaire, soeur Morphée

Après le choc, pourtant très prévisible, l'inévitable chute, de l'être humain aimé, tôt ou tard, au bout de son existence, au bout de ses cycles, the end of the loop ? Non. Impermanence. Toujours. Et, l'imprévisible, toujours.
Aussi, après l'appréhension de la douleur, la peur de la déchéance, l'angoisse de la perte, apparaît, la chaleur de l'affection, la chance de franchir les barrières, de toucher l'intangible. Le calme. Et malgré la tempête, au coeur de la tempête, la paix.
Le cri du cardinal, ce matin. Le temps est arrêté.