26 décembre 2009

Avatar

Je suis allé voir Avatar cette semaine. La version 3D, avec les lunettes.
J'avais certaines appréhensions quant à la technologie employée et à la fatigue causée par le visionnement d'un long métrage en stéréoscopie. De fait même maintenant, même avec les améliorations apportées à la technologie, porter des lunettes et forcer son cerveau à s'immerger dans un univers 3D équivaut à faire une longue séance de "pushups" avec les yeux. Lorsque j'ai vu Adventures in Animation ou d'autres réalisation IMAX et autres 3D j'étais presque visuellement épuisé après 15 minutes.

Avatar repousse donc toutes les limites du genre, puisqu'on en sort en effet épuisé, mais aussi ébloui. Après trois heures d'immersion quasi-totale.
On voudrait rester sur Pandora.
On voudrait que les américains, en fait une quelconque coalition humaine post-onusienne, n'y ai jamais mis les pieds.
Dire que la qualité graphique est ahurissante est un euphémisme. Le travail effectué sur la création des personnages, des environnements, des créatures atteint une qualité, une véracité et une inventivité qui redéfinit les sommets de la cinématographie du genre.
Star Wars et Star Trek en deviennent ridicules et vont rejoindre Monsieur Patate et le cyclope du Septième Voyage de Sinbad dans le garde-robe de l'histoire des effets spéciaux.
En fait Avatar est une fenêtre sur le futur. Le futur de la technologie où les ordinateurs sont partout, mais absents. Où la beauté de la réalité graphique est imaginée et augmentée. Où les interfaces robotiques, graphiques, et mêmes organiques s'inspirent de la science-fiction mais aussi de la biologie, de la génétique et de l'évolution des espèces. Avatar nous montre le futur possible d'une autre planète qu'on espère arriver à éviter sur terre. La beauté symbiotique d'un monde qu'on n'arrive plus à percevoir ici sans psychotropes est rendue perceptible grâce au cinéma poussé à son apogée technique.
Évidemment rien n'est parfait, l'idée générale du scénario tombe bien évidemment dans le cliché américain où les grosses explosions éclipsent la beauté du monde, où la lutte entre les brutes et la nature est encore nécessaire pour rehausser le rythme cardiaque et la vente de popcorn. Mais certaines minutes de cette épopée transcorporelle atteignent des dimensions oniriques et nous transforment en Icare assis, les yeux écarquillés et asséchés, surpris d'émerger dans la réalité.