25 novembre 2005

Première neige




Ciel clair bleu, vent d'ouest, journée glacée; aujourd'hui la neige est restée.

24 novembre 2005

50% des habitants de notre planète n'ont jamais touché un téléphone

Bas contraste dehors, tout est feutré par une nuée de particules, la neige remplit l'espace.

Un exemple et un signe de mondialisation qui me frappe et m'insulte: le iStore canadien... quand on y arrive, il n'y a pas un seul signe culturel distinctif, (à part, le petit drapeau canadien en bas de page), on nous sert le même fastfood insipide, le même impérialisme rouleau compresseur qui n'a jamais le temps de faire des distinctions; de fait sur toute la page, il n'y a aucun titre français de proposé... dans un pays bilingue, n'est ce pas un peu curieux...

Un plan du métro de montréal a été retrouvé sur un ordinateur islamiste, internet transmet trop de données et les gens pourraient réfléchir, et avoir de mauvaises intentions, les médias nous conservent ou tentent de nous conserver dans une douce branlette paranoide, quand ce ne sont pas les poulets qui nous apportent la crève, ce sont les agités du monde entier qui menacent notre sécurité. On nous barde de règles, de bons principes et de bons sentiments, on vante l'économie de marché et le commerce, c'est la richesse des uns, le pouvoir, la renommée. À travers tout ça, la flèche de la réalité transperce le quotidien de tous les individus, liés à la terre par leur humanité, attirés par l'espace, suspendus par la conscience. Cette flèche nous passe à travers toute la journée, la plupart du temps on ne la sent pas, on n'est trop occuppé à travailler ou fasciné par une activité quelconque, et par instants cours et saccadés on prend conscience de la flèche, on peut même apercevoir sa pointe et sentir ses plumes dans notre dos, on est transporté dans son élan vers une destinée.

02 novembre 2005

fièvre de l'Halloween



Fin de semaine dernière, temps superbe à Val David, rencontre à l'Atelier; préparation des plaques de cuivre avec lavis de vernis dur; début des recherches sur les possibilités de morsure de l'aluminium sans produits toxiques, tests à suivre.


Ensuite, c'est arrivé d'un coup, après quelques heures à observer les étoiles, tout fier de retrouver les Pléiades et Mars juste à côté, j'ai été assommé par une saloperie de grippe, le genre castor, qui vous grimpe dans la gorge en vous écorchant bien, qui remonte se faire un petit nid dans le haut de vos sinus, quelques coups de queue pour bien vous bloquer le nez, bien tasser, comme un barrage de boue, un gros X entre vos sourcils, qui vous empêche de respirer et vous enfièvre de frissons et de sueurs.
Bouillon de poulet, double service de sudafed, eau salée, me donnent d'étranges visions, et le lendemain, observant de la fenêtre embuée, le regard fixé sur les mésanges aux mangeoires, je pense à Fahrenheit 451 mélangé à the Birds, avec un peu du 1900 de Bertolucci, le monde entier est psychosé de grippe aviaire et se met à tirer sur tous les oiseaux, le moindre piaf fait fuire les foules, on bloque les ponts; le temps de me retourner, aux actualités les brigades aviaires défilent en costumes une pièce, immaculés. On extermine dans l'ordre, les pigeons, les goélands, ensuite les corneilles, les poules, enfin tout ce qui vole encore un peu en passant par les papillons et les chauves-souris, ça s'accorde chauve souris? un chauve sourit, deux chauves sourient, en tous cas ça s'accroche bien à une porte de grange; on fait de grands feux de joie, on étend d'immenses filets à travers les édifices, le soir, on mange du poisson génétiquement modifié. La suite, l'année suivante la moitié de la planète est effacée de la surface du globe par le virus du Nil transmis par les moustiques qui sont bien plus nombreux maintenant qu'on a réglé le cas des volatiles. Peut-être pas bon de mélanger le vin rouge et les sudafeds... Enfin hier j'émerge de ma torpeur, un oreiller de plumes sur la langue, hirsute, je vais me faire cuire le poumon que je viens de cracher, ou est ce une poitrine de poulet?, je ne sais plus, j'accompagne d'oignons, je déglace au nyquil. Je vais déjà mieux. Finalement ce n'était qu'un gros rhume. Ou sont les vitamines, l'hiver s'en vient, il y a une fine glace sur le lac ce matin.

22 octobre 2005

Cap Tourmente

Pour retrouver la paix, il n'y a rien de mieux que la marche en nature, idéalement près de la mer. Parmi les beaux endroits à voir, Charlevoix, St-Joachim, les Éboulements, le ruban sinueux de la route 138. Les oies blanches prennent un petit somme avant de repartir vers le sud, sur le red eye, avant le départ elle jasent des couleurs de l'automne, des jeux de la lumière sur le fleuve, des montagnes éternelles qu'elles longent jusqu'aux quartiers d'hiver. Bientôt au bord du fleuve tout se figera, cristallisé, malgré le réchauffement planétaire, malgré l'effet de serre, seuls les braves resteront au logis pour affronter l'hiver. Les oies blanches seront parties, les touristes, les outardes aussi. Pour des siècles encore il en sera ainsi, si les touristes tiennent le pari.

14 octobre 2005

marxel 3D

Hier, soirée SIGGRAPH Montréal à la SAT, déformations 3d accompagnées de vj et dj, mon trente secondes de participation à la tektronie municipale; aujourd'hui fouarage professionnel total chez below-fx, mauvais résultats, indignes d'un junior; je me console en souhaitant une fissure du fondement à ces putatifs magnats de notre bel entrepreneurship et en me disant qu'eux et les pauvres juniors grâce auxquels ils s'enrichiront en les payant le moins possible réussissent seulement grâce à la force de l'âge et que ce soit leur gros lot, ils seront encore là à faire ce boulot ensembles, le plus rapidement possible pour les vingt prochaines années, grand bien leur fasse; moi de toute évidence j'en sors, j'y ai atteint mon niveau d'incompétence, j'ai peine à voir le pointeur, je me perds entre quelques layers, j'en ressens une certaine amertume, mais je 36409-qgt9432gjdfjjhgngn gng gnngn (plaisanterie) je ne perds pas la boule;o), j'ai heureusement plusieurs cordes à mon arc et je persisterai à poursuivre mes desseins dans d'autres domaines plus proches de mes intérêts et capacités.
Pendant ce temps, on découvre la plus vieille nouille connue en Chine.

Des maladies

Je suis celui qui se brise à votre porte, qui se cogne en plein front, qui s'esquinte à faire si peu; je suis le dépositaire d'années de hantise, de perspectives moroses, en caviar de pensée, en hésitations, je ne vois plus la cerise sur le sunday. Je suis la vache paresseuse paissant dans le pré, je rêve d'être lézard, chien ou mieux, mélèze.
Je veux dormir pour deux trois décennies et réveillez moi quand il fera vraiment beau. J'ai une petite douleur au creux du dos. Un ange me caresse le poignet. Quand je ne suis pas avec vous je préférerais être ailleurs.
J'ai triste et fort et d'autres rêves encore, j'éventre l'aube, je chasse au paradis.

12 octobre 2005

Banish what's obscuring your sight of the big picture

Rien d'écrit depuis longtemps. Dans l'abondance d'in-quiétude, à travers les alea, à tort et à l'envers des quêtes et requêtes quotidiennes, les perspectives me transpercent et me renversent; contre vents et marées, sidéré par mes propres limites, abêti de vastes étendues sans pensée, luttant matin contre l'éparpillement entropique de mes atomes soufflés comme poussière de trottoir ou règnent de vieilles dames qui pourraient être ma mère et qui me tendent la main en disant:"La vie tue, mon ami, life kills", ou pire:"s'il vous plaît...auriez vous...", mais cette phrase est répétée cent fois comme la démonstration baveuse de l'absence de dieu. Mais c'est mieux que de se faire souhaiter le cancer comme ça m'est déjà arrivé sur la plage de santa monica.
Pendant qu'on s'étonne de l'horreur des choses, de la réalité et de l'étendue, des extrêmes vacheries de la vie, on ne se fout pas à l'eau, on est encore en vie, on lutte encore. On sourit comme archange d'optimisme, marchant dans le matin cherchant des yeux pour se convaincre encore de la beauté du monde, on pense positif, on regarde le bon côté des choses, on flotte dans l'éternel temporaire.
On peut se conduire aux limites de la raison, projetant dans les limbes des lambeaux de soi-même, on peut plaire et passer plus lentement qu'autrui, on peut jouir heureux, privilégié, gâté, pourri. Il faut chanter, siffler, parler, retarder à jamais, étendre sa pensée, souffrir un peu aussi comme la feuille d'automne roussie, détachée sans un cri.

30 septembre 2005

Ouattever

Je me retiens, je ne voudrais pas tomber dans les salades de saison, les sempiternelles histoires de vent et d'inondations. Histoire de Job, échelles de Jacob. Carnages anxieux et portes fermées. Je préfère marcher sur la montagne, le matin; j'ambitionne d'y aller très tôt, y-a-t-il encore des chevreuils? J'y ai vu un faisan autrefois, quand je travaillais au cimetière. Et peut-être un renard? Je l'ai peut-être rêvé. Mais je jure avoir vu multe moufettes et bien des ratons, et bien ronds et bien gavés de pelures, de poubelles et d'autres gateries.
Sur la montagne, il y a aussi des coussins, des tentes et des vestiges de feux de joie.
Cette semaine quelles sont les impressions qui restent? Moiteurs fraîches, boues, feuilles grignotées, habitées de charençons étoilés; pluies, VENTS, buées. Rencontres, discussions, conversations. L'automne toujours synonyme de défi, de combats futurs, annonciateur des grands renoncements, des passages glacés.

24 septembre 2005

Air Septembre

Que dire?
Qu'entends-je?
Que fuck?
Que reste-t-il? De cette belle semaine... de cet été transformé en feuilles de feu. Une file d'enfants de garderie passent à la queue leu leu comme un petit train vers l'au-delà. L'air est frais et il y a plus de vent, la nuit, on est caressé, et content d'avoir un drap, ou une douillette pour s'abriter.
Divers signes annoncent un hiver rigoureux: les squeegies coin Mt Royal et St Laurent redoublent d'ardeur et prennent leur rôle très au sérieux; change pour change ils permettent aux mieux nantis de vider leurs poches tout en se libérant d'improbables mais possibles remords, ils leur donnent une autre occasion de célébrer, leur bmw, leur suv, leur grasse auto-satisfaction.
Sur la montagne les dernières framboises ont été cueillies ou sont tombées au sol, pour nourrir les saisons prochaines
"It"s a hard rain, that's gonna fall" Zimmy said. "No Direction Home" roule pendant que je bloggue et j'entends Dylan comme Woody Guthrie Jr. et les chants de ma jeunesse.
"Simplify you. Crucify you". "Hey Mr.Tambourine Man play a Song for Me". Make me cry.
"Let me forget about the Day until tomorrow". Rock me softly.
"To understand, he knew, to soon, there is no point in Trying"
Mon Dieu, mon coeur flanche, je descends comme une ancre dans la mer profonde, je plonge, comme un poisson hors de l'eau.

14 septembre 2005

La mamma.


La mère de toutes les araignées...
© MarXel39


La semaine dernière, tout près du lac et des talles de bleuets, j'ai observé plusieurs fois ce beau nid au centre duquel grouillait un essaim de minuscules araignées. Il suffisait de souffler sur le nid pour foutre un gros bordel dans la colonie, toutes les mini-araignées se répartissaient alors aux confins de leur domaine. Domaine protégé, j'ai pu le constater le lendemain, en voyant cette énorme araignée qui n'hésitait pas à attaquer pour protéger sa progéniture. C'est beau la nature;o)